Aurons-nous toujours beaucoup d'enfants en Afrique?
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Comment pourrais-je remercier Dieu s'Il me donnait un enfant? C'est là un cri de coeur ou un terme de complainte qu'il est fréquent d'entendre dans nos sociétés où l'enfant occupe une place importante dans la vie du couple lorsqu'il tarde à venir. Aussi, à peine quelques mois après un mariage, il n'est pas rare d'entendre les parents ou les beaux parents poser la fatidique question au jeune couple: "alors, quand est-ce que vous allez nous donner un petit fils?" Ou alors, pour ceux qui ont un peu d'égard et de pudeur, il est aisé de soupçonner leurs regards se promener sur le ventre de la jeune mariée, en train d'épier une rondeur quelconque. Dans la plupart de nos sociétés en Afrique, l'enfant n'est pas seulement cet ange qu'on attend, qui égaie la maison. Il est surtout considéré comme la preuve de la fertilité de la femme, de sa fécondité, bref, de sa féminité tout simplement. Aussi, lorsqu'un couple n'arrive pas à avoir d'enfant, on pense d'abord que c'est la femme qui en porte la responsabilité, qu'elle est inféconde et même improductive. Dans certains cas, avant qu'on ait eu l'idée de faire recours à la médecine moderne, l'on cherchait à établir la culpabilité de la femme en recommandant au mari de prendre une seconde épouse. Et lorsque cette dernière donnait un enfant au bout d'un an, la première épouse était l'objet de toute sorte de brimades et d'humiliation. Elle devenait la risée de tout le monde. L'enfant est également considéré comme le ciment d'un mariage. On pense (à tort ou à raison) qu'un couple ayant des enfants serait plus stable, risque moins la rupture qu'un couple sans enfants. En fait, puisque le mariage reste toujours social chez-nous (ce n'est jamais que l'affaire du couple), lorsqu'un couple est en difficulté, les arguments que trouve la société pour sauver le mariage tournent autour des enfants. On vous supplie de rester ensemble à cause des enfants que vous avez eus. Et plus le nombre de ces enfants est important, moins un divorce est possible. C'est pourquoi et cela encore de nos jours, lorsqu'une femme se marie, sa première préoccupation est d'abord d'avoir un enfant. Puis, les raisons sociales faisant le reste, elle enchainera enfant sur enfant jusqu'à en remplir la maison ou à "la rupture de l'utérus". Mais seulement voilà, de nos jours, les femmes vivant dans les grands centres urbains se préoccupent de plus en plus de l'avenir de leurs enfants. Un avenir qui passe nécessairement par l'éducation et la santé qui deviennent de plus en plus inaccessibles aux familles modestes. Alors on commence à réfléchir en se demandant s'il est raisonnable d'avoir beaucoup d'enfants. On se rend compte que ce n'est plus seulement à "Dieu de pourvoir" (comme le pensaient nos parents), mais que nous devons aussi faire un effort d'humains en leur donnant plus de chance de vivre et de devenir. A cela s'ajoute au fait que les femmes pensent de plus en plus à travailler, à ne plus être "femme au foyer", à faire de longues études (qui est un facteur retardant l'âge de mariage et donc du premier enfant), bref, à être financièrement et économiquement indépendantes. Ce sont là peut-être des raisons qui feront que notre société sera forcée de changer même sans une volonté politique qui se fait tant attendre. Ce sont aussi ces mêmes raisons probablement qui font que nos soeurs occidentales ne font plus autant d'enfants que nous aujourd'hui. |
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Commentaires
plus au nord
La tendance que vous évoquez chez les femmes africaines à vouloir moins d'enfants rejoint ce qui s'est passé chez nous après la guerre. Les pressions familiales et religieuses étaient alors très semblables à celles que vous évoquez. Pour répondre plus précisément à votre question, c'est à partir de la fameuse "révolution de mai 68" que les bouleversements sociaux sont arrivés, parmi lesquels la fameuse "libération de la femme", revendiquée haut et fort par le MLF. Et ce qui a aussi considérablement allégé nos vies, c'est la pilule contraceptive qui est arrivée dans ces années là également. ça fait donc une bonne trentaine d'années que les femmes ont pu quitter leurs foyers pour aller travailler et qu'elles gèrent librement leurs grossesses. La France compte aujourd'hui une moyenne de 1,99 enfants par femme en âge de procéer (un des taux de fécondité les plus élevés d'Europe). Et l'âge moyen des femmes qui accouchent est passé à 30 ans. Je vous souhaite de tenir bon dans la tendance qui s'amorce chez vous et qui devra sûrement faire face à de fortes résistances. Ici, pour rien au monde on ne voudrait revenir en arrière! Christiane
Bonne nouvelle!
Tant mieux pour les femmes africaines si elles commencent à envisager avoir moins d'enfants. Et tant mieux pour les enfants à venir qui seront moins nombreux et dont les parents pourront mieux assumer les besoins. Pourvu que celà se fasse car ce serait vraiment tant mieux pour tous!Lilo
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