Laurence Deonna, à propos de Dieu
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Deuxième texte de Laurence Deonna
DIEU
Pour ma deuxième chronique, je plonge dans l’eau glacée, ou plutôt dans le bouillonnement que provoque ce seul mot : Dieu. Dans l’Islam, qui n’aime probablement pas les chiffres ronds, Il a 99 noms. Chez les deux autres monothéismes, juif et chrétien, Il n’en a qu’un seul, que je sache. Mais Il n’en est pas moins puissant. Puissant et Masculin. Si Masculin qu’Il est La Référence. Chaque matin, quand le jour se lève, le Rabbin entame sa prière, dont les premières paroles pour Lui rendre grâce, sont : « Merci mon Dieu de ne pas m’avoir pas fait femme ». L’âme aussi fut longtemps exclusivement masculine dans les esprits du Clergé catholique, qui alla jusqu’ à se demander, lors du Concile de Mâcon au VIe siècle, si les femmes en avaient une, d’âme. On aurait pu croire qu’en ce début du XXIe siècle, la science qui galope aurait répondu aux questions lancinantes que se posent les hommes depuis la nuit des temps : d’où viens-je ? où vais-je ? Et bien non. L’âme humaine poursuit éperdument sa quête dans sa recherche de « cette autre chose ». Pour certains, « cette autre chose » s’appelle Dieu. S’Il existe, je L’imagine fort inquiet aujourd’hui, à la vue des oripeaux d’intolérance et de mensonges dont on L’affuble à nouveau : « Ils sont désespérants », se dit-Il probablement, en lissant sa barbe (il paraît qu’Il en a une). A la grande époque du féminisme américain (j’y étais en reportage), c’est-à-dire dans les années 1970, le bruit courait selon lequel le premier Terrien ayant mis le pied sur la Lune, un dénommé Armstrong, s’était retrouvé à son retour sur Terre, face à une forêt de micros, dont l’un l’interrogea : « Vous L’avez vu ? ». « Vu qui, vu quoi ? ». « Dieu, pardi !! ». Et Armstrong de répondre, conscient qu’il faisait basculer l’Univers tel qu’il avait été présenté jusque là aux humains : « Oui je L’ai vu. ». « Et comment est-Il ? ». « C’est une femme et sa peau est noire ». On a ri. On a rêvé.
Laurence Deonna, reporter, écrivaine et photographe.
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Commentaires
L'horreur au nom de Dieu.
Vous mentionnez si justement l'intolérance pratiquée dans certains pays sous des prétextes religieux. Dans Le Monde.fr, j'ai découvert que début août, une afghane, veuve et enceinte, accusée d'adultère a reçu 200 coups de fouet avant d'être exécutée en public de trois balles dans la tête par un commandant taliban de la province de Badghis. Et actuellement en Iran, dans la région de Tabriz, une femme de 43 ans, Sakineh Ashtiani croupit en prison. Poursuivie pour adultère, chaque jour elle risque la condamnation à mort par lapidation, comme le veut la charia. Comment imaginer que Dieu, s'il existe, puisse approuver de telles horreurs?Lola
Bonjour Madame Déona. J'ai
Bonjour Madame Déona. J'ai fait votre rencontre à Martigny, lors d'une soirée de l'association "Femmes aujoud'hui". J'ai suivi votre parcours de grand reporter, et lu vos livres.Merci pour vos lignes sur Dieu, un plaisir.A bientôt j'espère d'autres messages. Betty.
Chère Laurence Deonna
Depuis longtemps je suis une de vos fans. Après avoir lu pratiquement tous vos livres et suivi certaines de vos conférences, quelle belle surprise de vous retrouver ici! Vos lignes sur Dieu sont un régal et je vais guetter les prochaines.Lili
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